Les flambées épidémiques de diphtérie en Afrique suscitent un renforcement des systèmes de vaccination fondé sur les données

Les flambées épidémiques de diphtérie en Afrique suscitent un renforcement des systèmes de vaccination fondé sur les données

Brazzaville — La recrudescence des flambées épidémiques de diphtérie dans la Région africaine de l’OMS met en lumière de graves insuffisances dans le niveau de couverture de la vaccination systématique. Face à cette situation, les pays convertissent les données relatives aux flambées épidémiques en instrument d’action, mobilisant les données factuelles pour cibler les faiblesses, consolider les systèmes de vaccination et assurer une meilleure protection des communautés vulnérables.

La surveillance hebdomadaire révèle une augmentation de 10 % des cas suspects de diphtérie dans huit pays, à savoir l’Afrique du Sud, l’Algérie, la Guinée, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Nigéria et le Tchad. Depuis 2023, plus de 23 000 cas suspects ont été recensés, ce qui met en évidence un certain nombre de défis, notamment des lacunes persistantes en matière d’immunité, un relèvement inégal après les perturbations liées à la COVID-19, la fragilité des services de soins de santé primaires et un accès limité aux soins dans les milieux touchés par des conflits.

Dans ce contexte, plus de 100 participants venus de 11 pays se sont réunis à Brazzaville, du 8 au 12 décembre, lors d’un atelier régional visant à traduire les enseignements tirés de la riposte à la diphtérie en une feuille de route qui permettrait de bâtir des systèmes de vaccination résilients. La réunion a mis en exergue la nécessité de fonder les décisions, les investissements et les actions différenciées sur les données recueillies au niveau des districts.

Avec l’appui de l’OMS, les pays ont procédé à l’examen de leurs propres données, passant en revue les tendances de couverture, les lacunes de la surveillance, les goulets d’étranglement dans la prestation des services, les contraintes de la chaîne d’approvisionnement et les difficultés liées au personnel, le but étant d’identifier les causes profondes et de définir des mesures prioritaires.

« La vision de systèmes résilients doit dépasser la seule riposte aux situations d’urgence. Les pays doivent conduire leur propre transformation en s’appuyant sur des données probantes, l’innovation et le partenariat, afin de garantir une protection équitable à chaque communauté », a déclaré le Dr Benido Impouma, Directeur par intérim du groupe organique Promotion de la santé, prévention et lutte contre les maladies au Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique.

L’une des principales innovations introduites est le tableau de la ligue de vaccination de routine, fondé sur un nouvel indice de performance, qui établit le classement des districts afin de faire ressortir leurs vulnérabilités et d’orienter des interventions ciblées, efficaces et efficientes dans l’utilisation des ressources. Les pays se sont servis de cet outil pour élaborer des plans d’action de 12 mois adaptés aux districts et ont souligné l’importance d’intégrer les données administratives non seulement aux résultats de la surveillance et aux informations recueillies sur le terrain, mais aussi au retour d’information fourni par les communautés.

« Le fait de construire des systèmes plus robustes à partir des enseignements tirés des flambées épidémiques ne relève pas de la théorie », a indiqué le Dr Albert Camara, du Programme élargi de vaccination en Guinée. « Cette approche permet aux pays de mener leur propre transformation en se basant sur des données factuelles. »

Les échanges ont également mis en évidence le resserrement du financement de la vaccination et la nécessité de « faire plus avec moins », en améliorant l’efficacité, en renforçant l’intégration et en optimisant les investissements, conformément au Programme de vaccination à l’horizon 2030 et à la Déclaration d’Addis‑Abeba.

L’atelier a abouti à l’élaboration de plans de travail centrés sur les districts, au renforcement de la collaboration multisectorielle, à l’adoption d’une feuille de route régionale pour des systèmes de vaccination résilients, ainsi qu’au lancement du Forum africain sur la performance vaccinale, destiné à soutenir l’apprentissage et le développement des capacités.

Tournés vers l’avenir, les pays se sont engagés à fonder leurs décisions sur des données infranationales disponibles en temps réel, afin de prévenir de futures flambées et d’assurer une protection équitable. Le Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique entend quant à lui soutenir ces efforts par la collaboration régionale, l’innovation et l’action fondée sur des données probantes, afin de bâtir des systèmes de vaccination résilients, adaptables et prêts à relever les défis à venir.

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Pour plus d'informations ou pour demander des interviews, veuillez contacter :
Manga Akamba Patricia

Communications and Documentation Officer
UCN/VPD
WHO Regional Office for Africa
Email: akambap [at] who.int (akambap[at]who[dot]int)